Greenshirt

Comment sont fabriqués les t-shirts écoresponsables ?

Les points clés à retenir : 

  • Un t-shirt écoresponsable est fabriqué à partir de coton biologique, recyclé ou de fibres naturelles alternatives. 
  • Il ne faut pas négliger le design, le tricotage et la teinture qui peuvent avoir un impact environnemental important. 
  • Acheter Made in France réduit les coûts de transport et met en valeur le savoir-faire français. 
  • Un t-shirt à 29€ de la fast fashion ne rapporte qu’environ 16 centimes aux ouvriers qui transforment la matière première.  

C’est l’indémodable, l’indispensable et l’intemporel de la mode masculine : le t-shirt ! Tout le monde en a au moins un dans son vestiaire, du classique blanc au plus coloré. Bref, le basique que l’on porte toute l’année peu importe la saison. Et s’il est durable et fabriqué en respectant la planète et les Hommes, c’est encore mieux ! Surtout qu’acheter responsable est un gage de qualité ! Enfin, la plupart du temps ! 

Avant tout, le choix des matières premières

Comment fabrique-t-on un t-shirt écoresponsable ? Tout d’abord, il faut se concentrer sur les matières premières. C’est la base ! Cela représente surtout une grande partie de l’impact environnemental d’un produit. Ainsi, il est nécessaire de comprendre et d’analyser quelles sont les fibres à privilégier. 

Le coton biologique 

C’est le matériau le plus courant pour les t-shirts respectueux de l’environnement. C’est même la star des fibres naturelles ! Le coton, vous vous en doutez sûrement, est la fibre textile la plus utilisée dans le monde. Il représente près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles. Gourmand en eau et polluant, il était nécessaire de lui trouver une alternative plus respectueuse de l’environnement. C’est là qu’intervient le coton biologique, certifié GOTS (Global Organic Textile Standard) qui consomme 50% moins d’eau que le coton conventionnel grâce à des systèmes de production biologique qui maintiennent la fertilité des sols et il n’est pas traité chimiquement. Bien entendu, pour qu’il soit biologique il ne doit pas être coloré ou avec des colorants organiques, naturels. Ce n’est pas un gage de qualité mais c’est plus respectueux de l’environnement.

Le cycle du coton biologique.
 Source : aboutorganiccotton

Le saviez-vous ? Il faut trois années pour qu’un agriculteur de coton conventionnel convertisse ses terres en bio certifiées. Il s’agit de la durée nécessaire pour supprimer les traces de pesticides ou de produits chimiques sur le sol. Un travail qui demande de la patience ! 

Les alternatives au coton

Bien sûr, il existe d’autres matières que le coton biologique pour fabriquer des t-shirts écoresponsables. D’autres matériaux sont susceptibles d’être respectueux de l’environnement. On peut inclure le chanvre, le lin biologique ainsi que des fibres artificielles innovantes comme le Tencel, fabriqué à partir de pulpe de bois. Biodégradables, souvent naturelles, sans pesticides et parfois cultivés en France, ces matières permettent de créer des tissus fluides et résistants

Les fibres recyclées 

Saviez-vous que nous avons consommé plus de ressources au cours des 50 dernières années que dans toute l’histoire ? Stupéfiant ! Près de 3% de la superficie mondiale est utilisée pour la production de coton. Plus de la moitié des champs de coton est cultivée artificiellement et jusqu’à 90 % de l’eau utilisée pour arroser les plantations est potable. Face à ce constat, l’alternative la plus adaptée se trouve dans le coton recyclé. On estime que sa consommation d’eau est environ 80% inférieure à celle nécessaire au coton conventionnel.  

Qui plus est, les fibres recyclées permettent de ne pas piocher dans les ressources vierges des réserves naturelles. Ainsi, le recyclage permet de donner une seconde vie à des matières destinées à être jetées, brûlées ou enfouies.  C’est le pari qu’a fait la marque française Shak & Kai ! En privilégiant l’économie circulaire, elle a décidé de créer des vêtements à partir de fibres 100% recyclées qui peuvent même être re-recyclées en fin de vie. Le but ultime ? “Une industrie sans déchet et des vêtements aux cycles de vie infinis”. Et si c’était ça la mode du futur ? Un point de vue adopté également par la marque Hopaal qui utilise des chutes de tissu destinées à être jetées en provenance d’Espagne, de France et du reste de l’Europe. 

Les étapes de la confection d’un t-shirt écoresponsable

Une fois les matières premières soigneusement choisies, la confection est la seconde étape primordiale en termes d’impact écologique.  

Le design 

Voilà, les fibres sont sélectionnées. Il est temps de passer à la confection. On ne dirait pas mais le design du t-shirt a son importance dans le bilan environnemental du produit. Ainsi, il faut privilégier les coupes épurées, sans accessoires, sans fioritures pour répondre aux besoins élémentaires. Plus le nombre d’empiècements est limité sur les vêtements, plus le nombre d’étapes de production diminue, ainsi que la consommation d’énergie et les déchets. Un cercle vertueux ! 

Le tricotage 

La qualité du tissu est essentielle. Une maille robuste est bien souvent une maille écoresponsable et durable. Lorsqu’il s’agit de coton recyclé, les déchets sont traités et triés par couleur puis broyés mécaniquement et déchiquetés en fibres. Ainsi, cela n’affecte pas la qualité. La durabilité de la fibre se retrouve également dans le grammage du tissu. Généralement, les t-shirts en coton conventionnel pèsent à peine 140 g /m2 alors qu’une maille robuste entre 210g/m2 et 340g/m2. Par conséquent, le tissu vieillit mieux, fini la transparence et les froissements

La teinture 

Quel est l’étape suivante ? La teinture, bien sûr ! Attention, c’est la phase à ne pas négliger ! Il s’agit du processus le plus polluant dans la création du vêtement. Il faut s’assurer qu’elle est soumise à des normes environnementales strictes et que les eaux usées sont bien recyclées et pas déversées dans la nature. La marque Thinking Mu, par exemple, utilise un processus de teinture durable à faible impact et biodégradable. Généralement, ce sont des fleurs et des minéraux naturels qui sont privilégiés. La non-utilisation de produits chimiques, la consommation respectueuse d’eau et de chaleur permettent un traçage contrôlé de chaque étape du processus de teinture. 

Privilégier la proximité : le Made in France

Le Made in France a la cote ! C’est tendance, mais surtout cela réduit les coûts environnementaux produits par les transports. C’est ce que revendique la marque française Le T-shirt Propre. Elle utilise du coton bio labellisé GOTS dont les bobines sont importées de Grèce. Aucun intérêt selon l’enseigne d’importer depuis l’autre bout du monde, « c’est comme acheter des kiwis bios de Nouvelle-Zélande. Ça n’a rien de propre. » Le t-shirt est ensuite tricoté en France, dans la Somme. Ainsi, ils soutiennent des métiers à tricoter qui tournent depuis 90 ans et soutiennent 15 emplois. En choisissant le Made in France 1 fois sur 3 pour l’achat d’un vêtement, selon la FIMIF (Fédération indépendante du Made in France), cela reviendrait à créer 150 000 emplois dans l’hexagone. Pas mal ! 

La teinture se passe également en France, ce qui garantit une soumission aux règles environnementales les plus strictes. Enfin, même les étiquettes sont tissées dans le Puy-de-Dôme pour éviter le coût environnemental lié aux transports. Bref, de la confection aux moindres petits détails, le Made in France réduit les coûts de transport et met en valeur le savoir-faire artisanal. 

C’est également ce que pratique la marque Hopaal, basée à Biarritz, qui tient à ce que la fabrication de ses produits se déroule dans un rayon de 1000 km entre la France et le Portugal : « 80% de [ses] fabricants sont à moins de 700 km, 19% à moins de 1000 km et 1% à moins de 2000 km ».  

Comment reconnaître un t-shirt écoresponsable ? 

Vérifiez les labels ! 

Regardez votre étiquette ! Pour connaître le parcours de votre t-shirt avant d’atterrir sur votre torse, il faut reconnaître les différentes labellisations qui sont inscrites dessus : 

  • GOTS (Global Organic Textile Standards) : ce label garantit l’ensemble de la production, de la fibre au produit fini. Une teneur en fibre biologique entre 70% et 95%, une réduction de la consommation d’eau et d’énergie, l’interdiction d’utiliser des substances toxiques et le respect des conditions de travail décentes.  
  • Oeko-Tex 100 : ce label certifie l’absence de produits chimiques dangereux pour la peau et l’environnement.  
  • Organic Content Standard 100 : ce label assure l’origine biologique et la traçabilité des matières premières et s’assure que les vêtements contiennent au moins 95% de matières premières biologiques
  • Ecolabel, BioRé, Soil Association : ces labels garantissent une démarche écoresponsable

En revanche, il est nécessaire de faire attention aux labels que les marques s’auto-attribuent. Il faut s’assurer qu’ils sont décernés par des organismes indépendants. Le recours au greenwashing est très présent notamment chez les enseignes de fast fashion. 

Vérifiez la qualité et la durabilité ! 

  • Touchez-le ! Le vêtement doit être doux, robuste et épais sur la peau. Si ce n’est pas le cas c’est qu’il est fabriqué avec des fibres courtes, il sera alors moins durable. 
  • Aucune bouloche ! Si c’est le cas, passez votre chemin ! Sauf si c’est du coton recyclé.  
  • Vérifier la densité du tissu ! Il ne doit pas être transparent. 
  • Le coton doit être filé ! Il ne doit pas y avoir d’écarts, ou de fils de tailles différentes. 
  • Vérifiez les coutures ! Tout se joue dans les détails ! Si les finitions sont bien faites, il y a fort à parier que le t-shirt est de qualité. Ainsi, il doit y avoir une bande de propreté à l’arrière du col. L’intérêt est de consolider la couture et rendre le vêtement plus agréable à porter.
Exemple col t-shirt.

Ces deux photos sont parlantes. On remarque que le col du t-shirt de la marque espagnole Brava Fabrics, à gauche, est mieux fini, de meilleure qualité et plus résistant que le second t-shirt en coton conventionnel.  

T-shirt classique vs t-shirt écoresponsable, que le meilleur gagne

Sans grande surprise, si on met sur un ring le coton conventionnel et le coton biologique c’est le second qui l’emporte.  Certes, t-shirt écoresponsable ne rime pas obligatoirement avec coton biologique mais c’est en grande partie le cas. 

Alors, quelques chiffres issus d’aboutorganiccotton sur ce dernier, il consomme : 

  • 62% d’énergie en moins
  • 88% moins d’eau
  • Et il a 46% d’impact en moins sur le réchauffement climatique

Sympa, non ? 

Nous avons comparé l’impact environnemental d’un t-shirt en coton conventionnel, en coton biologique et en coton recyclé, voici un aperçu :

Comme le dit si bien la marque Hopaal, « chaque achat est un vote ». Acheter peut permettre de soutenir un engagement, une démarche et tout un écosystème. Mais ne pas acheter est tout aussi puissant et lourd de sens. C’est une invitation au changement. Derrière chaque achat se trouve un prix. Mais qu’est-ce que cela implique ? Il est nécessaire de le savoir pour que nous, consommateurs, décidions de le soutenir ou non. 

Coût d’un t-shirt classique

Coût d'un t-shirt classique.
Source pour les informations : Fairwear Fondation.

Le prix d’un t-shirt classique, confectionné le plus souvent en Asie, est affiché à environ une vingtaine d’euros dans les enseignes de la fast fashion. Prenons l’exemple d’un t-shirt à 29€. Dernier maillon de la chaîne, le magasin récupère 17€ de la somme totale soit 59% du prix. Une somme qui permet de rémunérer, par exemple, ses employés et payer ses frais. Sur les 12€ restants, on retire 3,61€ qui représente le bénéfice de la marque. On retire encore 1,20€ de plus pour les intermédiaires, puis 2,19€ pour le transport de la marchandise. Que reste-t-il ? 5€. Le plus petit des billets se retrouve dans la confection et la matière première. Ça en dit long sur la qualité du produit. Cette dernière coûte 3,40€, l’usine où est produit le t-shirt prend pour sa part 1,15€. Ajouté à cela le paiement des frais 0,27€.

Et là vous vous dites que reste-t-il de ce t-shirt ? A peine seize centimes d’euro. Une maigre somme pour l’ouvrier qui a transformé la matière première en t-shirt. C’est honteusement ridicule ! Après, cette répartition n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, chaque marque possède sa propre décomposition des prix. 

https://www.instagram.com/p/CKjjUh-gZTU/

C’est un fait, les t-shirts écoresponsables ont tendance à coûter un peu plus cher. Même si ce n’est pas toujours le cas. Mais derrière ce prix, souvent autour d’une quarantaine d’euros, se cachent des pratiques plus respectueuses de l’environnement : matières recyclées, fabrication française, packaging recyclé ou don de 1% du prix. Qu’est-ce que cela implique ? Une revalorisation des matières abandonnées, encourager l’économie locale, réduire son impact et soutenir des associations environnementales

Où trouver son t-shirt écoresponsable ? 

Même s’il est difficile de concurrencer les prix de la fast fashion, toujours plus compétitifs au détriment de la qualité, de l’environnement et du bien-être des salariés. Cependant, vous pouvez tout de même trouver le t-shirt écoresponsable de vos rêves à un prix intéressant. C’est le cas des marques Brava Fabrics (40€), Le Basiq (30€), Knowledge Cotton Apparel (40€), T-shirt Propre (39€), Shak & Kai (45€) et bien d’autres :

Basic Artisan 

T-shirt écoresponsable Basic Artisan.

« Je veux créer des vêtements basiques qui ne soient pas jetables, de belles pièces bien taillées, une coupe moderne et intemporelle qui ne sera pas passée de mode l’année prochaine« , ainsi se résume l’ambition de Gilles Springer, le fondateur de Basic Artisan. Cette marque européenne 100% bio et éthique, adhérente de Lorntech, a pris ses quartiers à Thionville, au Coworking du Thi’pi. En plus, Basic Artisan est membre du club « 1% for the planet ». Cette adhésion marque un fort engagement! 

Les prix des t-shirts ? À partir de 45€.

Ecoalf

T-shirt écoresponsable Ecoalf.

Ecoalf est une marque espagnole qui propose un vestiaire à partir de déchets recyclés et plus particulièrement une gamme de t-shirt écoresponsable en coton recyclé ou biologique. Son fondateur, Javier Goyeneche, voulait « créer une marque de mode vraiment durable et [il] pensai[t] que le plus durable était de ne pas continuer à utiliser sans discrimination des ressources de la planète, pour répondre aux besoins des générations futures.« 

Les prix des t-shirts ? Environ 40€. 

Green Shirt 

T-shirt écoresponsable Greenshirt.

Green Shirt est une marque allemande qui a pour volonté de « rechercher des modes de production alternatifs de manière durable, écologique et humaine« . Son logo, un vieux tilleul, n’a pas été choisi par hasard. « L’arbre représente non seulement le cycle de la nature, mais aussi la symbiose naturelle de notre environnement, ce qui le rend si préservable. » Elle vend, entre autres, des t-shirts 100% biodégradables. Le textile est certifié Vegan (il suffit de jeter un coup d’œil à leur t-shirt) et cousu par « Lebenshilfe », une association qui soutient les personnes handicapées. En plus, pour chaque commande, la marque plante des arbres en partenariat avec « Plant for the Planet ». 

Les prix des t-shirts ? En moyenne, une trentaine d’euros.

Hopaal 

T-shirt écoresponsable Hopaal.

La marque française Hopaal propose des t-shirts dessinés et conçus à Biarritz entièrement en coton, réalisés à partir d’une sélection des meilleures fibres de coton recyclé (60%) provenant de chutes de production collectées auprès d’ateliers, de coton biologique (40%) et de lin. 

Les prix des t-shirts ? Sa gamme de prix pour les t-shirts va de 45€ à 55€.

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